lundi 9 juin 2014

Des bustes d’Atatürk brisés : la peur ultime des kémalistes

Par dessus tout, ce qui fait le plus frémir les kémalistes, c’est que le peuple se révolte contre les bustes et les statues d’Atatürk, derniers vestiges du kémalisme en Turquie quand on voit ce qu’il en reste. Ces idoles sont encore trop présents dans la société turque et il y a toujours une certaine méfiance vis à vis des conséquences qu’il pourrait advenir si on décidait d’en abimer une tellement elles ont été sacralisées pendant plus de 80 années.

Il y a quelques jours, les habitants de la ville de Tekirdag historiquement kémaliste et sous la botte du CHP ont découvert avec stupeur un buste d’Atatürk par terre brisée et décapitée. Comme si un crime avait été commis contre une personne, les témoins ont appelé la police pour leur demander de mener une enquête ! Les agents sur place ont alors récupéré les morceaux dans un sac afin de l’examiner pour savoir si le buste a volontairement été vandalisé.

Les premiers éléments rapportent qu’en fait le buste serait tombé à cause des forts vents dans la nuit qui précède la découverte. Cependant, cela montre à quel point ont peut encore vouer un culte aveugle en Turquie à un morceau de pierre ou de métal sous prétexte qu’il représente un prétendu sauveur qui n’est ni plus ni moins qu’un dictateur tout comme Staline, Hitler ou Mussolini. Notons ici que quand bien même Atatürk soit en tout point identique à ces trois dictateurs reconnus en tant que tel par le monde entier (autoritarisme sanguinaire, culte du soit, ultranationalisme, athéisme, haine des religions, centralisation des pouvoirs, falsification de l’histoire…), les kémalistes nient systématiquement en bloc le qualificatif de dictateur concernant Mustafa Kemal qu’ils considèrent comme un précurseur de la démocratie et des libertés !

Un autre exemple de buste cassé montre jusqu’où les gens sont capables d’aller par crainte de répercussions. En 2009 dans le village de Kadirusagi situé dans la province de Malatya une vache échappait à la vigilance de son propriétaire qui l’avait emmené brouter dans un pré. La vache dénommée Gülsüm s’enfuyait alors et se retrouvait devant l’école primaire du village et bousculait le buste d’Atatürk placée dans la cours. Le buste tomba et se brisa. Une enquête avait été mise en place par le directeur de l’école et tout le village a été questionné à ce sujet. Par crainte d’être puni à cause de sa vache pour qui un buste d’Atatürk est un morceau de pierre comme un autre, le propriétaire venda alors Gülsüm à un autre village dans lequel elle devint finalement la mascotte.

Toujours dans le même délire d’idolâtrie et de vénération d’Atatürk, c’est dans la ville d’Emirdag dans la province d’Afyon qu’il s’est posé la question de l’après remplacement d’une statue. Plantée au milieu de la ville depuis le coup d’Etat du 12 Septembre 1980, elle commençait à se faire vieille et avait un look jugé trop dans le style « communiste ». Voulant donc donner une image moins dictatoriale d’Atatürk, il a été décidé de la remplacer. Puis la question de l’ancienne statue s’est posée… Fallait-il la détruire ? Comment ? Détruire une statue d’Atatürk ? Impossible ! La laisser dans l’arrière cours de la caserne de pompier était risquée puisqu’elle ne serait pas à l’abris d’un éventuel vandale… Alors après une réunion d’une commission qui s’est penchée sur le problème, la solution la plus adéquate a été d’enterrer la statue ! De plus afin de sécuriser d’avantage la statue, il a été décidé de l’enterrer dans un lieu tenu secret et de prendre une photo de la statue avant l’ensevelissement afin d’avoir une preuve dans le cas où il y aurait une enquête judiciaire…

Voilà la mentalité du kémalisme en Turquie qui pendant des années a laissé planer une crainte de répercussions terrible à quiconque s’en prendrait à une statue d’Atatürk. Toujours est-il que depuis plusieurs années émerge un phénomène qui met les kémalistes sans dessus dessous : se prendre en photo avec des bustes ou des statues de Kemal avec des gestes de défiance. Ces adorateurs qui sont capables de faire construire une statue énorme d’Atatürk comme à Artvin d’une hauteur de 22 mètres ou d’incruster son visage dans une colline adossée à la ville d’Izmir tremblent aujourd’hui de voir le peuple turc s’émanciper lentement mais surement de cette doctrine kémaliste et de cette adoration qui a été ancrée de force dans le passé. Le jour est proche où les turcs musulmans seront pris d’un sentiment fort de rejet du kémalisme et où ils détruiront ces idoles synonymes de shirk.


Partager