samedi 5 juillet 2014

21 ans après, le massacre de Basbaglar reste toujours dans l’oubli

Oubli donc pour ce massacre terrible tandis que les évènements de Sivas reviennent chaque année sur le devant de la scène. Les kémalistes dont sont proches pour la plupart les alevis de Turquie, se servent inlassablement de cette date pour trouver une occasion d’accuser l’islam. Or ces mêmes kémalistes se gardent bien de taire le massacre de Basbaglar qui s’est déroulé seulement trois jours après.

Rappelons un peu les faits :

Le 2 Juillet 1993 débutent les festivités de Pir Sultan Abdal à Sivas qui tournent aux affrontements. Les uns poursuivants les autres, un groupe, dont une majorité alevi composée de plusieurs célébrités, se réfugient dans l’hôtel Madimak qui devient alors la cible des poursuivants. C’est alors qu’un incendie provoqué au rez-de-chaussée embrase l’hôtel dans lequel périssent 37 personnes.

Trois jours plus tard seulement survient alors le massacre du village de Basbaglar qui coute la vie à 33 villageois. Basbaglar est un paisible village de 550 habitants située dans la province d’Erzincan proche de Kemaliye. Ce village presque isolé s’est longtemps suffit à lui même et les villageois se sont toujours occupés à s’investir dans les infrastructures de leur propre moyens comme la construction de l’école, des habitations, des canalisations, de la mosquée… C’est justement devant cette même mosquée que se produit le massacre qui va bouleverser à jamais la mémoire de Basbaglar.

Il est l’heure de la prière du soir, l’imam prononce l’appel à la prière et il est coupé par une personne armée et habillée comme un “militant” (ndlr “terroriste”). “Laissez-moi terminer l’appel” dit l’imam qui comprend la gravité de la situation. Mais le terroriste ne veut rien comprendre et le traine dehors. De la même manière, les fidèles présents sont aussi poussés à sortir et sont tenus en joue par un groupe de terroristes. C’est alors qu’un autre groupe se disperse dans le village et fouille les maisons, méthodiquement… Le plus étonnant est qu’ils connaissent bien le village et savent même les prénoms et noms des personnes qu’ils recherchent comme si “tout était planifié à l’avance” explique un témoin.

Les hommes du village sélectionnés, jeunes, âgés ou encore mineurs sont rassemblés devant la mosquée tandis que les autres sont éjectés de leurs maisons qui sont brulées sous leurs yeux. Au nombre d’une centaine, les criminels font alors leur propagande marxiste durant près d’une heure et demie et exécutent les 29 personnes choisies dont l’imam. 214 maisons sont brulés ainsi que la mosquée, l’école et la maison populaire. Il est dénombré en plus des fusillés 4 morts dans les flammes dont une femme.

Tout portait à croire que les responsables de ce massacre étaient des terroristes proches des mouvements de l’extrême gauche kémaliste et du PKK alors dirigé par Abdullah Öcalan qui a déclaré ne pas être au courant de cette initiative. Cette expédition punitive s’explique donc par une volonté de se venger des évènements de Sivas où les victimes étaient des alevis.

Chaque année le massacre du village de Basbaglar reste sous l’ombre du massacre de Sivas sans pour autant être moins cruel. La seule différence est que la faute des victimes de Basbaglar est d’avoir été de pauvres villageois tandis que celles de Sivas étaient composées de célébrités.

Aucune enquête parlementaire

Concernant l’enquête sur le massacre du village de Basbaglar : “tandis que procès du massacre de Sivas se déroulait à la capitale, le notre est allé se trainer à Izmir” raconte aujourd’hui Ercan Özçelik, adjoint du président de l’association du village de Basbaglar. Il a aussi rappelé que le procès qui a duré jusqu’en 1998 s’est soldé sans suite et “qu’aucune enquête parlementaire n’a été mise en place pendant tout ce temps“. Insistant sur la différence de traitement des deux évènements sans pour autant minimiser le caractère odieux de chacun, Özçelik déclare que “si notre procès avait été pris au sérieux, nous aurions pu avoir un résultat, mais cela n’a pas été le cas. Maintenant tout nos espoirs résident en la sous-commission parlementaire qui a décidé s’en occuper“. De la même manière, cette même sous-commission prendra aussi en charge l’examen de l’enquête sur le massacre de Sivas.

Ce deux poids deux mesures s’explique par le fait de l’accaparation de tous les strates de l’Etat par les kémalistes qui se sont toujours sentis plus proches des victimes de Sivas que de Basbaglar. De même, les criminels étant identifiés formellement par des villageois n’ont jamais suffit à condamner qui que ce soit dans ce massacre tandis que l’enquête de Madimak s’est suivi de plusieurs arrestations arbitraires. Encore aujourd’hui des innocents croupissent en prison pour s’être simplement rendu à la prière du vendredi lors des évènements ou alors sur des dénonciations calomnieuses.

Ainsi donc pendant longtemps les villageois cruellement exécutés par des terroristes d’extrême gauche n’ont jamais été considérés par les kémalistes pour qui faire la lumière sur cette histoire reviendrait à accuser directement des terroristes qu’ils soutiennent. Aujourd’hui, ce sont les mêmes terroristes qui sont derrières les émeutes et les multiples provocations dans le but de faire chuter le gouvernement, quitte à ce que le pays en paye le prix.

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